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La beauté à une distance acceptable/En chanson 2001-2002

La beauté à une distance acceptable/En chanson, 2000-2002/2011

Suzy Lake, Beauty at a Proper Distance / In Song (La beauté à une distance acceptable/En chanson), 2001-2002
3 diapositives couleur et cabines d’éclairage,

134 x 99,4 cm; 134 x 115,2 cm; 134 x 99,4 cm
Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto

La beauté à une distance acceptable/En chanson est un ensemble de trois images qui font partie de la grande série La beauté à une distance acceptable, 2000-2008, dans laquelle Lake, qui ne peut plus ignorer son corps vieillissant, imite les codes visuels et les médias de la culture des jeunes. Dans trois diapositives couleur, chacune présentée dans une grande cabine d’éclairage, son visage est recadré pour n’inclure que ses narines, sa bouche et son menton. Les images sont mises en valeur par l’utilisation d’effets publicitaires tels que l’éclairage glamour, le gel et le grossissement. Les photographies montrent Lake chantant dans un style glam rock tout en soulignant ses rides, ses dents tachées et sa pilosité faciale qui trahissent les normes conventionnelles de beauté, de jeunesse et de féminité.

 

Suzy Lake, Pluck #2 (Épilation no 2), 2001, épreuve chromogène réalisée à partir d’une imprimante LightJet, 82,6 x 101,6 cm, Georgia Scherman Projects, Toronto.
Suzy Lake, Thin Green Line (Fine ligne verte), 2001, épreuve chromogène réalisée à partir d’une imprimante LightJet, 82,6 x 101,6 cm, Georgia Scherman Projects, Toronto.

Dans les photographies glamour conventionnelles, de tels traits seraient considérés comme des imperfections et supprimés en post-production. Ici, ils sont présentés plus grands que nature et magnifiés, ce qui rend impossible pour le spectateur d’ignorer les transgressions physiques du genre et de la jeunesse. Contrairement à Miss Chatelaine, 1973, que Lake réalise alors qu’elle est encore dans la vingtaine, et à Forever Young (Jeune à jamais), 2000, où elle se présente comme paraissant plus jeune que son âge, En chanson est un cruel rappel des années qui passent. Dans une autre interprétation, cependant, l’œuvre peut être considérée comme l’adoption d’un point de vue féministe plus large sur la beauté et la féminité dans ses manifestations réalistes. Comme l’explique Lake : « L’expérience est positive; la maturité est positive; mais notre culture ne célèbre pas ces attributs lorsqu’ils sont associés au vieillissement. »

 

Lake prolonge ce projet avec une série d’œuvres, dont Pluck #2 (Épilation no 2), 2001, dans laquelle elle manipule et étire sa peau tout en s’arrachant les poils du visage avec une pince à épiler. Là encore, la majeure partie de son visage est coupée par le cadrage, de sorte qu’on ne voit que ses narines, sa bouche et son menton. Les photographies en noir et blanc sont séparées par des panneaux noirs suggérant ainsi une narration, une mise en séquence, voire un lien avec le cinéma.