Ce tableau du peintre abstrait montréalais Paul-Émile Borduas (1905-1960) est un bon exemple d’une première œuvre automatiste : un mouvement artistique qui privilégie une technique fluide et la création hors des contraintes de la conscience. Borduas ne s’est pas dit : « Je vais peindre le torse d’une femme. » Il y a vu le sujet un coup l’œuvre finie. Il s’agit de l’une des 45 gouaches exposées au théâtre de l'Ermitage, une salle d’exposition et dépendance du Collège de Montréal, au 3510, chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal. Ces œuvres jugées alors « surréalistes » et très « abstraites » n’ont pu trouver aucun autre lieu d’exposition. Étude de torse ou No 14 est longtemps titrée Abstraction.

 

Paul-Émile Borduas, Étude de torse ou No 14, 1942

Paul-Émile Borduas, Étude de torse ou No 14, 1942

Gouache sur papier, 57 x 41,8 cm, collection privée

En 1942, Étude de torse ou No 14 donne quelques fils à retordre à deux critiques, Henri Girard et Charles Doyon, pourtant ouverts à l’« art moderne ». Des photos prises à l’exposition montrent en effet ces deux personnages devant Étude de torse, accompagnés de Borduas. Ce n’est qu’après les explications de l’artiste qu’ils comprennent l’œuvre. Étude de torse ou No 14 adopte le format du personnage en pied, sinon du portrait. Autrement dit, la formule de composition à la verticale est un format déjà emprunté par Borduas dans ses œuvres figuratives. 

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Paul-Émile Borduas : sa vie et son œuvre par François-Marc Gagnon.

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