Au tournant de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, au moment où naissent les enfants de Zacharie Vincent (1815-1886), sa communauté de la Jeune-Lorette vit une régénérescence démographique et culturelle, grâce à une amélioration des conditions de vie et à la prospérité de l’industrie artisanale. Cette œuvre constitue une réponse aux prévisions de disparition de la communauté huronne. Vincent se présente accompagné de son fils aîné Cyprien, attestant ainsi de manière évidente la continuité filiale de la lignée huronne.

 

Zacharie Vincent, Zacharie Vincent and His Son Cyprien

Zacharie Vincent, Zacharie Vincent and His Son Cyprien (Zacharie Vincent et son fils Cyprien), v.1851
Huile sur toile, 48,5 x 41,2 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec

Le portrait présente certains problèmes d’échelle : la figure de l’enfant est démesurément petite, de même que les bras se raccordent difficilement au reste du corps. Ces maladresses seraient peut-être attribuables à une décision de l’artiste d’utiliser différents modes de représentation : le traitement confère à l’œuvre une dimension partagée entre l’immanence de la représentation sur le motif et la transcendance du symbolisme. La figure du père, présentée en plan rapproché, permet d’attirer l’attention du spectateur sur les détails vestimentaires et ornementaux, mais aussi sur le visage et le regard. Quant aux ornements en métal (médaille, brassard), ils présentent des dégradés opaques qui ne renvoient aucun reflet, ce qui permet d’éviter un naturalisme trop strict et de capter efficacement l’attention du spectateur.

 

Depuis la Renaissance, le genre de l’autoportrait permet également de marquer les étapes importantes de la vie de l’artiste. Dans ses premières œuvres, Vincent y souligne à la fois son identité individuelle et professionnelle, sa paternité et son statut de peintre.

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Zacharie Vincent : sa vie et son œuvre par Louise Vigneault.

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