Cette peinture évoque les préoccupations du peintre canadien Bertram Brooker (1888-1955) envers certains enjeux sociaux, particulièrement sa compassion pour des individus qui ont été marginalisés : le sujet est un membre de la société qui est seul et qui n’est pas le bienvenu. Les éléments figuratifs sont combinés à l’abstraction, ce qui est une manière courante chez Brooker au temps où il crée cette œuvre. Le visage de l’homme profondément tourmenté se tourne pour fixer le spectateur du regard, ce qui contraste fortement avec les formes quasi géométriques derrière lui. De plus, comme l’a noté Anna Hudson, les trois poteaux de téléphone s’estompent dans l’espace : « Leur rôle est de signaler l’absence de beauté dans la vie urbaine, et donc, d’harmonie dans l’ordre social. »

 

Bertram Brooker, Solitaire, 1939

Bertram Brooker, The Recluse (Solitaire), 1939
Huile sur toile, 61 x 45,7 cm, Musée des beaux-arts de Montréal

Solitaire, 1939, souligne également un principe important pour Brooker concernant la relation entre l’action sociale et la pratique artistique :  

 

« Aucun homme sensible, qu’il soit un artiste ou non, ne peut demeurer calme devant les souffrances à une échelle aussi gigantesque que celles qui affligent le monde actuellement. En tant qu’homme, en tant que citoyen, en tant que membre de la fraternité humaine, l’artiste devrait être prêt à agir. Mais, en tant qu’artiste, il ne devrait pas prêcher. Car lorsqu’il devient un missionnaire, il cesse d’être un artiste. »

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Bertram Brooker : sa vie et son œuvre par James King.

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