L’artiste sauteaux Robert Houle (né en 1947) crée cette œuvre profondément bouleversante en dix-huit mois, après avoir lu le livre de Ruth Teichroeb, Flowers on My Grave : How an Ojibwa Boy’s Death Helped Break the Silence on Child Abuse (1998), le récit du suicide d’un garçon victime de la violence multigénérationnelle dans les pensionnats indiens et dans sa réserve.

 

Robert Houle, Sandy Bay, 1998-1999

Robert Houle, Sandy Bay, 1998-1999
Huile sur toile, photographie noir et blanc, photographie couleur sur toile, masonite, 300 x 548,4 cm, Winnipeg Art Gallery

Le livre a ravivé les souvenirs de Houle du Pensionnat indien de Sandy Bay. L’œuvre reflète la tradition culturelle du récit — se souvenir, raconter et enregistrer une expérience difficile comme chemin vers la guérison. Cela fonctionne comme un texte en l’absence d’écriture, comme l’histoire en l’absence de compte rendu officiel. Ses éléments narratifs sont un passage à travers la mémoire qui commence avec deux photographies comme preuves et se déplace à travers une majestueuse résurrection dans laquelle la forme fantomatique de l’école, dans des tons monochromes de gris clair et de bleu, semble émerger du paysage.

 

Sandy Bay comporte cinq parties, destinées à être vues de gauche à droite, et se transforme subtilement de la figuration à l’abstraction. Dans une zone nuageuse au milieu à gauche du tableau se trouvent des mots d’un hymne que sa mère lui chantait et qui viendrait à être utilisé lors des funérailles familiales : ON SAM KISEWATIS ANA MANITOWIYAN (Oh, tu es si gentil et si précieux bien que tu sois comme un dieu). 

 

Ce travail de guérison illustre l’approche de Houle et son organisation symbolique de chaque élément. Le pinceau apaisant de l’artiste équilibre la tempête intérieure, trouvant le centre tranquille en chacun de nous. 

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Robert Houle : sa vie et son œuvre par Shirley Madill.

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