Les Ursulines annonce le langage de maturité par lequel Jean Paul Lemieux (1904-1990) affirmera bientôt sa personnalité artistique. Lemieux considère la peinture de son temps comme une suite de longues recherches, de tâtonnements et d’épuration. Le peintre compartimente l’espace en un éventail restreint de motifs horizontaux, verticaux et anguleux que seules quelques courbes allègent : les voiles des religieuses, les trois arcades et une entrée aveugle. Cette géométrisation crée un effet de permanence qui est renforcé par la palette sobre.

 

Jean Paul Lemieux, Les Ursulines, 1951
Jean Paul Lemieux, Les Ursulines, 1951
Huile sur toile, 61 x 76 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec

À l’effet de permanence s’ajoute celui d’enfermement, que traduisent les murs aveugles des bâtiments, les ouvertures condamnées et l’absence d’horizon. Les religieuses, venues de Tours et de Dieppe au dix-septième siècle pour se consacrer à l’éducation de la jeunesse autochtone et française, demeureront cloîtrées jusqu’en 1967. Lemieux les représente dans leur jardin, unique espace qui leur est autorisé à l’extérieur des murs du couvent.

 

Les Ursulines est l’évocation puissante de la vie monastique, du mouvement suspendu dans un temps indéfini où seuls l’arbre, les fruits dans le panier et les ombres portées nous ramènent à la réalité d’une journée d’été ensoleillée.

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Jean Paul Lemieux : sa vie et son œuvre par Michèle Grandbois.

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