L’abstractionniste québécois Yves Gaucher (1934-2000) élabore une palette très personnelle, recourant avec bonheur – en plus des multiples variations de rouge, jaune et bleu – aux verts, roses, beiges, bruns, violets et gris dans des juxtapositions inattendues et en une immersion subjective au sein de couleurs individuelles.

 

Yves Gaucher, Raga bleu, 1967 

Yves Gaucher, Blue Raga (Raga bleu), 1967 
Acrylique sur toile, 122 x 122 cm, Musée d’art contemporain de Montréal

Dans Raga bleu, des lignes « signaux » verts et bruns s’élèvent en douce ascension vers le haut du tableau libre de toute bordure limitative. Ils flottent avec une telle hésitation dans le champ profond bleu intense qu’ils semblent à peine y toucher, pareils à des murmures sonores finement improvisés au-dessus du récitatif obligé de la bande verte.

 

Le titre du tableau témoigne de la passion de Gaucher pour la musique indienne et son fond monochrome en devient le thème majeur. Les signaux et les bandes qui s’y inscrivent ne sont pas l’événement principal, mais servent à rehausser et à intensifier l’ampleur et la profondeur de la teinte de la peinture. Ils déploient leurs rythmes avec discrétion et répandent une atmosphère de contemplation qui finit par s’imposer dans la longue série des Tableaux gris que Gaucher amorce en décembre 1967.

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Yves Gaucher : sa vie et son œuvre par Roald Nasgaard.

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