Aucune peinture n’a été plus importante pour la carrière du peintre du 19e siècle Homer Watson (1855-1936) que La vieille scierie. Son achat en 1880 par le gouverneur général du Canada, le marquis de Lorne, comme cadeau pour la reine Victoria, demeure l’histoire la plus connue du passage de Watson de l’obscurité à la renommée internationale.

 

Homer Watson, La vieille scierie, 1880

Homer Watson, The Pioneer Mill (La vieille scierie), 1880
Huile sur toile, 86 x 127,8 cm, Royal Collection Trust, Château de Windsor, Berkshire

Le tableau est bien de son temps et de son lieu. L’Ontario de la fin du dix-neuvième siècle est fascinée par son histoire récente, et surtout par la rusticité et l’indépendance qui sont largement associées aux pionniers. L’industrialisation galopante de la province au cours des décennies autour de 1880 entraîne des vagues de regrets devant le déclin des pittoresques moulins à eau, symboles d’une société soi-disant plus simple mais en voie de disparition. Pour Watson, tout cela est très personnel. Le bâtiment de La vieille scierie rappelle celui que le grand-père paternel de Watson avait construit à Doon. Le peintre est bien conscient que la chute de la scierie de son grand-père (symbolisée notamment par l’arbre mort dans l’image) est due à une industrialisation sauvage et à l’avidité des hommes. Dans un long essai inédit, il explique comment la scierie de son grand-père, en dévorant sans relâche les arbres, a créé un terrain vague qui a fini par entraîner son effondrement. Pour Watson, La vieille scierie est autant une mise en garde contre la dégradation de l’environnement par l’homme qu’un hymne aux pionniers de la région de Doon.

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Homer Watson : sa vie et son œuvre par Brian Foss.

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