Le peintre Gershon Iskowitz (1920 ou 1921-1988), un immigrant polonais qui a survécu à l’Holocauste, s’inspire d’un voyage à Churchill, au Manitoba, en 1967, et des vols qu’il effectue au-dessus du paysage environnant, pour créer les tableaux de sa série Basses-terres.

 

Ces treize tableaux sont uniques dans l’œuvre d’Iskowitz parce qu’ils ont tous en commun une bande centrale aux couleurs vives avec une « tige » qui s’étend jusqu’au bas de la toile. Si l’élément en forme de tige représente un estuaire – l’embouchure de la rivière Churchill qui se jette dans la baie d’Hudson – alors la bande qui traverse le sommet est le ciel et les formes latérales près du bord inférieur représentent la terre qui crée l’embouchure de l’estuaire. Iskowitz a expliqué qu’en survolant le paysage à bord de l’avion, les peintures de la série évoquent le paysage à basse altitude, quand l’avion descend, se rapproche des terres et les survole.

 

Gershon Iskowitz, Basses-terres no 9, 1970

Gershon Iskowitz, Lowlands No. 9 (Basses-terres no 9), 1970

Huile sur toile, 121,9 x 93,9 cm, Vancouver Art Gallery

L’espace pictural de Basses-terres no 9, avec ses petites grappes de deux ou trois mouchetures, ne ressemble en rien à la peinture non figurative dominée à l’époque par des artistes canadiens comme Jack Bush (1909-1977), Yves Gaucher (1934-2000) et Guido Molinari (1933-2004). Les pièces de Basses-terres d’Iskowitz ne s’inscrivent pas non plus aisément dans aucune des catégories abstraites actuelles du colour-field, hard edge ou peinture optique systémique. Elles sont uniques. Dans cette série, Iskowitz invente un langage pictural et calligraphique qui sera le sien propre.

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Gershon Iskowitz : sa vie et son œuvre par Ihor Holubizky.

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