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Mademoiselle Lockerby v. 1924

Mademoiselle Lockerby  v. 1924

Prudence Heward, Mademoiselle Lockerby (Miss Lockerby), v. 1924

Huile sur panneau, 59 x 45,7 cm

Collection privée

Ce tableau représentant l’artiste Mabel Lockerby (1882-1976), une amie de Prudence Heward, est caractéristique de ses premiers portraits féminins où, au moyen d’une palette estompée, elle tend à représenter des figures solitaires dans des environnements indéfinissables. Mabel Lockerby fait partie du Groupe de Beaver Hall, un collectif éphémère composé d’artistes professionnels montréalais, qui compte dans ses rangs une majorité de femmes à une époque où celles-ci jouissent rarement du même statut que les hommes dans le milieu de l’art.

 

Art Canada Institute, Installation view of the Exposition d’art canadien at the Musée du Jeu de Paume in Paris, 1927.0
Vue de l’Exposition d’art canadien présentée au Musée du Jeu de Paume à Paris en 1927. L’œuvre Mademoiselle Lockerby de Prudence Heward est la troisième à partir de la droite. On distingue également les tableaux Labour aux premières lueurs du jour, 1900, de Horatio Walker (deuxième à partir de la gauche) et Portrait de Mlle B. Warner, v. 1924, (premier à partir de la droite).

Prudence Heward représente ici son amie contre un arrière-plan pâle et neutre qui évoque un autre portrait du début de sa carrière, Eleanor, 1924. Son sujet semble se tenir tout près d’un mur où ses cheveux jettent une ombre. Les coups de pinceau sont visibles, particulièrement sur les vêtements foncés du modèle dont les épaules paraissent massives comparativement à sa tête. Prudence Heward peint son amie à nouveau dans Au café (At the Café), v. 1929, dans un espace public associé, dans les années 1920, à un vent de liberté et même à l’hédonisme. Même si ce tableau est important parce qu’il s’agit d’un des premiers exemples de l’intérêt de l’artiste pour les sujets féminins, Mademoiselle Lockerby n’affiche pas le style moderniste ni le décor délibérément au goût du jour qui caractérisera ses œuvres postérieures. L’ensemble rouge et bleu de Lockerby dans Au café ainsi que la touche picturale dense de l’artiste (nettement différente de celle de Mademoiselle Lockerby) témoignent de l’influence du style international art déco.

 

En 1925, le jury de la section canadienne de la British Empire Exhibition sélectionne Mademoiselle Lockerby et Eleanor pour faire partie de l’exposition qui a lieu à Wembley en Angleterre. Mademoiselle Lockerby est remarqué par un critique londonien en raison de sa « tête très prometteuse, peinte avec simplicité ». En effet, Prudence Heward améliorera sa maîtrise des proportions dans ses portraits postérieurs. Elle commence à représenter des femmes plus différentes d’elles, dont on voit presque tout le corps, sinon le corps en entier, comme dans Femme sur une colline (Girl on a Hill), 1928, et Rollande, 1929. Les portraits réalisés plus tard, notamment Au café, adoptent aussi une palette plus vive que celles de Mademoiselle Lockerby et d’Eleanor. En 1927, Mademoiselle Lockerby figurera dans l’Exposition d’art canadien présentée au Musée du Jeu de Paume à Paris.

 

Cette œuvre n’est ni signée ni datée par l’artiste. Elle la donne probablement à son amie Mabel, plutôt que de la vendre à un tiers, puisque le tableau demeurera en possession de la famille Lockerby.

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