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Actes notariés #5 1991

Greg Curnoe, Actes notariés #5, 19-22 août 1991

Greg Curnoe, Deeds #5 (Actes notariés #5), 19-22 août 1991
Encre à tampon, crayon, paraffine, gouache, aquarelle et stylo à bille, 106 x 168 cm
Winnipeg Art Gallery

Art Canada Institute, Greg Curnoe, (Mis)deeds #1, December 5, 1990–January 9, 1991
Greg Curnoe, Actes (manqués) notariés #1 (le titre anglais, (Mis)deeds #1, est un jeu de mots sur « méfaits » et « actes notariées »), 5 décembre 1990 – 9 janvier 1991, encre à tampon, gouache, crayon à bleus, 108 x 162,6 cm, collection privée.

Greg Curnoe passe une grande partie des deux dernières années de sa vie à retracer l’histoire de sa propriété située au 38, rue Weston à London, en Ontario. Il fouille dans les archives (actes notariés et résumés de dossiers) et interviewe des descendants de colons européens et des résidants des Premières Nations. Cette grande œuvre textuelle, la dernière d’une série qui en compte cinq, en relate les origines, de la période paléo-indienne (8600 av. J.-C.) à la deuxième rétrocession des terres ojibwées du sud-ouest ontarien à la Couronne en 1790.

 

Curnoe décrit sa découverte étonnante : « Nous vivons dans une culture où vivent et ont vécu des cultures préexistantes. Elles ont survécu isolées de la culture de London, à la fois dans les limites de la ville et dans des zones de colonisation originales à quinze milles d’ici qui remontent à environ 1690. Elles ont été omises de la plupart des livres sur l’histoire locale. » Ironiquement, le patriote canadien antiaméricain se voit contraint de faire face à l’« impérialisme culturel » de ses propres prédécesseurs.

 

Il collige ses recherches dans l’ordinateur qu’il vient d’acheter et se rend compte qu’il a suffisamment de matériel pour rédiger un livre. Après sa mort, ses éditeurs divisent le résultat de ses travaux en deux volumes : Deeds/Abstracts (1995), l’histoire de son terrain, et Deeds/Nations (1996), une liste alphabétique de plus d’un millier de représentants des Premières Nations qui ont vécu dans le sud-ouest de l’Ontario entre 1750 et 1850. Comme l’explique l’archéologue Neal Ferris : « Avant que Greg Curnoe déploie des efforts colossaux pour traquer, suivre et rassembler les biographies personnelles et les histoires familiales des peuples autochtones qui ont signé la cession des terres du sud-ouest ontarien aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, peu avait été fait pour découvrir l’identité de la plupart des signataires et leur rôle dans les communautés locales et régionales. »

 

L’artiste élargit sa notion de régionalisme (qui inclut son territoire et l’« ici et maintenant ») pour englober ce qui s’était passé dans sa région pendant des milliers d’années. Il explique : « J’ai senti le pouvoir de l’accumulation d’une multitude de détails pour comprendre le sol sur lequel je me tiens. C’est un savoir qui est nouveau pour moi. » Nous entrevoyons à peine ce qu’aurait pu devenir sa pratique artistique s’il avait vécu assez longtemps pour pousser ses recherches.