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Parfum d’un jardin d’été 1952

Parfum d’un jardin d’été 1952

Jock Macdonald, Scent of a Summer Garden (Parfum d’un jardin d’été), 1952

Aquarelle et encres de couleur sur papier, 35,6 x 45,7 cm

Agnes Etherington Art Centre, Kingston

Art Canada Institute, Jock Macdonald, The Argument, 1952
Jock Macdonald, The Argument (La dispute), 1952, acrylique et encre sur papier, 24,8 x 35,5 cm, Art Gallery of Greater Victoria.

Cette superbe œuvre représente un virage majeur dans le parcours de Macdonald, surtout en raison de sa surface libre et explosive. Macdonald l’a créée l’été qu’il était artiste en résidence à l’Arts Centre of Greater Victoria (aujourd’hui l’Art Gallery of Greater Victoria). La somptueuse palette juxtapose le rose indien, le jaune et le bleu, ainsi que des éclaboussures et des gribouillis abstraits à l’encre noire tracés sur les couleurs, comme pour maintenir ces dernières en place. Cette œuvre diffère nettement de The Argument (La dispute), réalisée la même année, qui, bien qu’elle affiche également des ornements linéaires à l’encre noire, est plus représentative des expériences automatiques antérieures de Macdonald avec des éléments narratifs amusants.

 

Il est intéressant de comparer Scent of a Summer Garden (Parfum d’un jardin d’été) à l’aquarelle Fabric of Dreams (Tissu de rêve), 1952, que Macdonald a également réalisée à Victoria. La palette est similaire, mais ici encore, Macdonald se sert de l’encre noire pour extraire l’image d’un coq, un visage abstrait et un certain nombre d’églises et de croix de la surface peinte automatiquement en dessous. L’effet s’apparente à la riche imagerie des batiks indonésiens qui le fascinent.

 

Art Canada Institute, Jock Macdonald, Fabric of Dreams, 1952
Jock Macdonald, Fabric of Dreams (Tissu de rêve), 1952, aquarelle sur papier, 37 x 46,9 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto.

Aucune figure imaginaire ne ressort de Parfum d’un jardin d’été. Toujours à l’aide de la technique automatique, Macdonald répartit également les éléments de la composition sur la surface et laisse dans la composition une zone centrale ouverte où l’espace blanc respire et la peinture palpite. L’énergie et l’abandon dans l’application de la peinture et de l’encre par dégoulinades et éclaboussures se rapprochent davantage de Jackson Pollock (1912-1956) que la plupart de ses œuvres automatiques à ornementation linéaire.

 

En 1948, lorsque le magazine Life publie le compte rendu d’une table ronde sur l’art moderne rassemblant des figures importantes du monde artistique américain comme le critique Clement Greenberg ainsi que les historiens de l’art Meyer Schapiro et H. W. Janson, Macdonald déplore qu’ils n’aient pas saisi l’objectif fondamental de la peinture abstraite. « Personne ne semble faire le lien entre la dynamique spatiale de l’art moderne et la nouvelle conception de l’espace que l’on se fait au vingtième siècle en science, en architecture ou ailleurs, écrit-il. C’est quand même étonnant qu’ils ne voient pas de parallèles dans ces différentes formes de travail créatif. » C’est précisément cette dynamique de l’espace que Macdonald s’efforce de rendre dans cette œuvre élégante et fascinante.

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