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Sans titre - Pianiste 1943

Sans titre - Pianiste 1943

Oscar Cahén, Untitled (Piano Player) (Sans titre - Pianiste), 1943

Conté sur papier vélin, 50,8 x 38,1 cm

Collection privée

Art Canada Institute, Geraldine Carpenter, Oscar Cahén with a guitar, c. 1945
Oscar Cahén avec une guitare, v. 1945. Photographie de Geraldine Carpenter. 
Art Canada Institute, Oscar Cahen, A Night Out in Montreal,” Weekend, December 28, 1956
Oscar Cahén, illustration pour « A Night Out in Montreal » (« Soirée montréalaise »), Weekend, 28 décembre 1956, page justificative.

Mordu de jazz et de vie nocturne, Oscar Cahén joue lui-même de la guitare et de la clarinette. Gerry Waldston, qui est apprenti avec lui au studio Rapid, Grip and Batten en 1944, se rappellera plus tard : « il était fou de musique et quand il dessinait sur ce thème, ça allait tout seul! Tout seul! » La qualité gestuelle et la spontanéité de cette esquisse d’un pianiste attestent d’ailleurs cette aisance.

 

En 1943, ce dessin de Cahén est inclus dans une exposition présentée à l’Art Association of Montreal (aujourd’hui le Musée des beaux-arts de Montréal), qui est alors le centre de diffusion artistique le plus prestigieux de la ville. Les traits du musicien afro-américain sont simplifiés et grossis, un peu à la manière d’Al Hirschfeld (1903-2003), le caricaturiste des célébrités, ou encore du caricaturiste politique québécois Robert LaPalme (1908-1997). Ils seraient vus de nos jours comme des stéréotypes ethniques choquants, mais selon les normes de 1943, il ne s’agit pas d’un manque de respect. Les courbes gracieuses et maîtrisées du bras, du dos et de la tête très droite et digne, contrastent avec le brouillamini des doigts qui courent sur le clavier et traduisent à merveille l’assurance et la dextérité du musicien. Un chroniqueur écrit : « Oscar Cahén est particulièrement doué pour les personnages en mouvement; il y réussit très bien », et un autre d’ajouter : « le pianiste boogie-woogie nous a paru superbe ».

 

Cela lui vaudra de nombreuses commandes d’illustrations sur le thème des nuits élégantes. En 1956, bien qu’il vive à Oakville, il se hasarde de nouveau à Montréal comme journaliste-illustrateur : il compte décrire le monde des clubs de la métropole. Étonnamment, c’est lui-même qui a l’idée de cette série, et les dessins sont produits avant le texte, ce qui montre l’estime dont l’honorent les éditeurs.

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