Les huiles sur toile de Paul Kane ont toujours bénéficié d’une vaste diffusion grâce à des expositions publiques, contrairement à ses œuvres sur papier, en raison de la fragilité de ce médium. Paul Kane’s Frontier (1971), l’ouvrage de l’historien de l’art canadien J. Russell Harper, demeure le texte clé pour l’étude historique de l’art de Kane, ce à quoi il faut désormais ajouter la monographie de Kenneth Lister, Paul Kane, the Artist: Wilderness to Studio (2010), dans lequel le cycle de cent peintures de Kane est reproduit dans son intégralité.

 

 

Expositions clés

Les expositions des œuvres de Kane ayant lieu au dix-neuvième siècle nous sont d’un grand intérêt, en ce qu’elles témoignent des efforts déployés par l’artiste lui-même pour promouvoir son travail auprès du public torontois et dans d’autres centres urbains de l’Ontario. L’intérêt à l’égard de l’œuvre de Kane semble s’être estompé après son décès : hormis l’exposition de 1904 présentant le cycle des cent peintures (faisant alors partie de la collection de l’homme politique ontarien Sir Edmund Boyd Osler, qui les acquiert en 1903 de la succession de George William Allan), il faudra attendre le centenaire de la mort de l’artiste (1971) pour assister à un regain d’intérêt pour sa carrière et à la tenue d’une exposition d’envergure. La publication de J. Russell Harper accompagnant cette exposition donne lieu à une reprise des recherches sur Kane et à l’amorce de nouvelles perspectives sur l’interprétation de son œuvre.

 

Art Canada Institute, Paul Kane, View of Paul Kane paintings in the Daphne Cockwell Gallery of Canada: First Peoples, Royal Ontario Museum, Toronto
Tableaux de Paul Kane dans la Galerie Daphne Cockwell du Canada : Premiers peuples, Musée royal de l’Ontario, Toronto

 

1834

Du 1er au 31 juillet 1834, Society of Artists and Amateurs, Toronto (nos de catalogue 112, 113, 116, 121, 140, 151, 152, 173, 174).

1846–
1857

Upper Canada Provincial Exhibitions (les dates et les lieux précis varient). Des critiques et une liste des prix décernés paraissent à l’époque dans les quotidiens et les périodiques.

1847

12 avril-1er mai 1847, Toronto Society of Arts (nos de catalogue 24, 29, 39, 88, 117).

1848

13 juillet-août [?] 1848, Toronto Society of Arts (nos de catalogue 14, 17, 35, 46, 49, 257).

Novembre 1848, Sketches of Indians, and Indian Chiefs, Landscapes, Dances, Costumes, &c., &c. by Paul Kane, hôtel de ville de Toronto. Catalogue.

1904

Mars 1904, Pictures of Indians and Indian Life, Women’s Canadian Historical Society of Toronto, William Scott & Sons Gallery, Toronto.

1971–
1972

Mars 1971-mars 1972, Paul Kane, 1810-1871, Amon Carter Museum of Western Art, Fort Worth, TX; Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Publication de Paul Kane’s Frontier par J. Russell Harper.

1985–
1986

Avril 1985-février 1986, « I Took His Likeness »: The Paintings of Paul Kane, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

 

1998–
1999

Novembre 1998-mai 1999, Wilderness to Studio: Four Views of Paul Kane, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

 

2000–
2001

Août 2000-février 2001, Paul Kane: Land Study, Studio View, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

 

 

Les écrits de Kane

Art Canada Institute, Paul Kane, Frontispiece of Kane’s book Wanderings of an Artist among the Indians of North America, 1859
Frontispice du livre de Kane, Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord (1859).
Art Canada Institute, Paul Kane, Title page of Kane’s book Wanderings of an Artist among the Indians of North America, 1859
Page de titre du livre de Kane, Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord (1859).

Kane n’écrit pas au sujet de sa pratique artistique de façon théorique. Dans son journal de voyage, il fait mention des instances où il réalise des croquis, en précisant parfois le sujet lui-même. Les références à ses œuvres dans son livre Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord semblent être le produit d’un regard posé sur ses croquis et ses peintures. C’est comme si la voix qui parle au lecteur ne provient pas des notes contenues dans son journal, mais plutôt des peintures et des croquis eux-mêmes.

 

Kane est indubitablement l’auteur de son journal de voyage; toutefois, l’historien I.S. MacLaren propose qu’il a eu besoin d’un complice littéraire pour compléter et faire publier Promenades d’un artiste. En effet, l’orthographe du journal de Kane est principalement phonétique, exigeant des révisions en vue de la publication. De plus, le livre contient beaucoup d’information à laquelle le journal ne fait aucunement allusion. Pour ces raisons, on peut conclure que Promenades d’un artiste est basé sur un compte rendu verbal de Kane, dont l’essentiel a été noté par un interprète, puis révisé en vue d’une publication formelle.


À sa parution, Promenades d’un artiste fait l’objet de critiques dans la presse anglophone, y compris les mentions suivantes :

Athenaeum (Londres). Critique non signée de Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord, par Paul Kane. 2 juillet 1859, p. 14-15.

Lavollée, Charles. « Un artiste chez les Peaux-Rouges ». Revue des deux mondes (Paris) 22 (1859) : p. 936-986.

Wilson, Daniel. Critique de Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord, par Paul Kane. Canadian Journal, n.s., 4, no 21 (mai 1859) : p. 186-194. 

 

 

Interprétations critiques

L’œuvre et les écrits de Kane ont fait l’objet de recherches de la part d’ethnologues, de critiques littéraires et d’historiens de l’art. Les ethnologues sont les premiers à avoir étudié les images de l’artiste, surtout en raison de leur sujet, mais aussi parce qu’en 1914, le Musée royal de l’Ontario (MRO), connu à l’époque pour ses collections anthropologiques et ethnologiques, se porte acquéreur du cycle de cent peintures. Ce cycle continue de faire l’objet d’études menées par la section d’anthropologie du département des cultures du monde au MRO (voir les mentions de Kenneth R. Lister ci-dessous).

 

L’étude de l’œuvre de Kane du point de vue de l’histoire de l’art passe principalement par la monographie et le catalogue raisonné (voir les mentions de J. Russell Harper ci-dessous); des interprétations plus récentes privilégient une approche critique postcoloniale de son œuvre (voir la mention de Heather Dawkins ci-dessous). Les études critiques de ses écrits (son journal de voyage et Promenades d’un artiste) ont ouvert des perspectives importantes sur la façon dont Kane percevait les sujets de son œuvre (voir les mentions de I.S. MacLaren ci-dessous).
 

Art Canada Institute, Paul Kane, Front cover of Paul Kane’s Frontier by J. Russell Harper, 1971
Page couverture de Paul Kane’s Frontier par J. Russell Harper (1971).
Art Canada Institute, Paul Kane, Front cover of Paul Kane, the Artist: Wilderness to Studio by Kenneth Lister, 2010
Page couverture de Paul Kane, the Artist: Wilderness to Studio par Kenneth Lister (2010).

 

 

Documents audio et vidéo au sujet de l’artiste

Les productions audiovisuelles les plus importantes sur Paul Kane comprennent des entrevues avec des artistes et des critiques culturels autochtones, des commentaires d’historiens de l’art non autochtones, de même que des commentaires de descendants de l’artiste.

 

Bessai, John, et Joan Prowse. From Field to Studio: The Art of Paul Kane. Toronto : CineFocus Canada, 2006. DVD, 48 min; DVD interactif, 48 min.

 

 

Lectures additionnelles

Art Canada Institute, Paul Kane, Round rattle, Northwest Coast, British Columbia, collected by Kane in 1847
Hochet rond, côte nord-ouest de la Colombie-Britannique, collectionné par Kane en 1847, bois, cheveux et peinture, 26 x 12,2 cm, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

Les publications énumérées ci-dessous nous montrent la vaste étendue des commentaires — tant érudits que profanes — portant sur Paul Kane, tout en témoignant de l’intérêt constant à l’égard de son œuvre. Les auteurs comprennent des ethnographes, des historiens, des historiens de l’art, des critiques littéraires et des pédagogues.

 

Cook, Ramsay. « Raising Kane. » Canadian Art 2, no 3 (automne 1985) : p. 60-63.

Davis, Ann. « Indians’ Historians: George Catlin and Paul Kane », dans A Distant Harmony: Comparisons in the Painting of Canada and the United States of America, p. 33-68. Winnipeg : Winnipeg Art Gallery, 1982.

Dawkins, Heather. « Paul Kane and the Eye of Power: Racism in Canadian Art History ». Vanguard 15, no 4 (septembre 1986) : p. 24-27.

Eaton, Diane, and Sheila Urbanek. Paul Kane’s Great Nor-West. Vancouver : UBC Press, 1995.

Gehmacher, Arlene. « The Death of Omoxesisixany or Big Snake ». Dans Kenneth R. Lister, Paul Kane, the Artist: Wilderness to Studio, p. 372. Toronto : Musée royal de l’Ontario, 2010.

Harper, J. Russell. Paul Kane’s Frontier: Including Wanderings of an Artist among the Indians of North America by Paul Kane. Austin : University of Texas Press pour le Amon Carter Museum, Fort Worth; Musée des beaux-arts du Canada, 1971.

 

Art Canada Institute, Paul Kane, Fringe, possibly for a dress, possibly Plains Cree, collected by Kane c. 1845
Frange, poss. pour une robe, poss. crie des Plaines, collectionnée par Kane v. 1845, aiguillons de porc-épic sur cuir, 88,5 x 24,3 cm, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

Lister, Kenneth R. Paul Kane, the Artist: Wilderness to Studio. Toronto : Musée royal de l’Ontario, 2010.

———, éd. The First Brush: Paul Kane & Infrared Reflectography. Toronto : Musée royal de l’Ontario, 2014.

MacLaren, I.S. « Notes towards a Reconsideration of Paul Kane’s Art and Prose ». Canadian Literature p. 113-114 (été/automne 1987) : p. 179-205.

———. « ‘I came to rite thare portraits’: Paul Kane’s Journal of His Western Travels, 1846–1848 ». American Art Journal 21, no 2 (1989) : p. 6-88.

———. « Paul Kane’s Wanderings of an Artist and the Rise of Transcontinental Canadian Nationalism ». Canadian Literature 213 (été 2012) : p. 16-38.

Stewart, Susan. « Paul Kane’s Paintings Rediscovered ». Journal of Canadian Art History 5, no 2 (1981) : p. 85-95.

 

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