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Autoportrait avec pierre à sculpter 1998

Autoportrait avec pierre à sculpter

Oviloo Tunnillie, Self-Portrait with Carving Stone (Autoportrait avec pierre à sculpter), 1998

Serpentinite (Kangiqsuqutaq/Korok Inlet), 53,0 x 37,5 x 33,3 cm

Signée en syllabaire

Collection de Fred et Mary Widding

Même si l’art inuit de notre époque est florissant depuis le début des années 1950, il existe remarquablement peu d’œuvres qui décrivent l’artiste dans son rôle de créateur parmi les rares exemples par un artiste graphique figure Self-Portrait in the Printshop (Autoportrait dans l’atelier de gravure), 2003, d’Andrew Qappik (né en 1964), ce qui rend cette autoreprésentation, en tant que sculpteur, unique. L’histoire de l’autoportrait artistique est longue; dans cette œuvre, Oviloo Tunnillie affirme sa position unique en son genre à l’intérieur d’une tradition mondiale.

 

Dès le début des années 1990, avec des pièces telles que This Has Touched My Life (Ceci a touché ma vie), 1991-1992, Oviloo a commencé à trouver, dans son propre vécu, la principale source d’inspiration de son art. Plus tard au cours de la décennie, ses œuvres autobiographiques incluent fréquemment des représentations de la production artistique, que ce soit la sienne ou celle de membres de sa famille. Son processus artistique est le sujet de certaines de ses sculptures les plus impressionnantes, dont celle-ci.

 

Dans le grand  Autoportrait avec pierre à sculpter, l’artiste semble presque fusionner avec son matériau. Son corps drapé dans une robe s’accroupit comme elle tient et stabilise un morceau de pierre à sculpter contre son torse et son visage. La texture brute et imparfaite de la serpentinite non sculptée permet au spectateur de se rendre compte de la transformation que l’artiste accomplit par son travail. La vie d’Oviloo a été dominée par le rôle de sculpteure qu’elle s’est attribué et c’est là l’un de ses thèmes les plus puissants et récurrents.

 

Oviloo a discuté de la question lors d’un entretien en 1998 :

 

Oviloo Tunnillie, Time to Carve (Le temps de sculpter), 2002, serpentinite (Kangiqsuqutaq/Korok Inlet), horloge, 31,7 x 12,7 x 10,2 cm, signée en syllabaire et datée de 2002, Feheley Fine Arts, Toronto.

Andrew Qappik, Self-Portrait in the Printshop (Autoportrait dans l’atelier de gravure), 2003, pointe sèche, édition de 30, 35 x 40 cm, Winnipeg Art Gallery.

Quand j’y donnais la touche finale, je ne voulais pas enlever ce morceau [non sculpté] . . . , question que le public sache que c’est le type de pierre que nous sculptons avant de faire le finissage effectif. J’aime les sculptures qui ont des parties non finies. . . . C’est ce dont la pierre a effectivement l’air avant qu’elle ne soit finie.

 

Dans Woman Carving Stone (Femme sculptant de la pierre), 2008, la pierre brute est le sujet de la profonde méditation de l’artiste. Cette pièce a été créée en 2008, quand Oviloo utilisait des outils électriques, mais elle se réfère à une période antérieure durant laquelle la hache était son instrument principal. La pose de la femme exprime de la fatigue et l’immense effort physique dont elle aura besoin pour sculpter ce gros morceau de pierre.

 

Les portraits qu’Oviloo a fait d’elle-même en artiste expriment une gamme d’émotions, de la profonde méditation, de l’effort physique et de la fierté à l’exaltation résultant des actions créatrices, comme dans son exubérant autoportrait Time to Carve (Le temps de sculpter), 2002. Elle explique : « C’est moi! J’ai une pierre à sculpter et je commence habituellement à travailler dans la matinée. La sculpture est à propos du temps. L’horloge est dans une boule ronde, qui représente le monde. L’horloge, le monde et notre passage dans le temps. » Dans cette sculpture, Oviloo est excitée de tenir un morceau de pierre en l’air et intègre avec humour le cadran d’une véritable horloge dans sa composition de pierre.