Danse de la tige de pipe médicinale 1848

Danse de la tige de pipe médicinale 1848

Paul Kane, Danse de la tige de pipe médicinale, 1848

Huile sur papier, 24,8 x 31,1 cm

Stark Museum of Art, Orange, Texas

Des recherches antérieures suggéraient que les œuvres sur papier de Kane étaient réalisées d’après nature. Toutefois, cette huile sur papier, Danse de la tige de pipe médicinale, semble avoir été faite après coup, comme étude en vue de la toile qu’il peindrait ultérieurement. On n’y décèle pas la même urgence qui caractérise les croquis réalisés d’après nature.

 

Dans son journal de voyage, Kane ne fait nulle part mention de la danse de la tige de pipe; pourtant, à en croire son livre Promenades d’un artiste parmi les Indiens de l’Amérique du Nord, cette cérémonie caractéristique des Pieds-Noirs a lieu dans l’après-midi, l’artiste faisant partie des observateurs parmi le cercle d’hommes assis (on l’aurait invité à assister à la cérémonie, à titre d’artiste, pour « contribuer ses pouvoirs magiques et accroître l’efficacité [du rituel] »). L’étude met en valeur les deux danseurs, dépeints d’un point de vue surélevé, ce qui donne une perspective permettant d’englober non seulement les danseurs, mais aussi les spectateurs et le paysage. La représentation des tiges de pipes suggère que Kane les a basés sur ses propres dessins de divers artefacts culturels, plutôt que sur une expérience vécue. Dans cette peinture, Kane choisit de dépeindre une tige de pipe provenant de la nation ennemie (les Cris des Plaines, en l’occurrence) que les Pieds-Noirs s’apprêtent à affronter au combat. Ce genre d’incohérence apparente peut être perçue comme une preuve de la façon dont Kane construit ses œuvres.

 

Art Canada Institute, Paul Kane, Medicine Pipe Stem Dance, Blackfoot, c. 1849–52
Paul Kane, Danse de la tige de pipe médicinale, v. 1849-1852, huile sur toile, 48,9 x 74,5 cm, Musée royal de l’Ontario, Toronto.

L’huile sur toile basée sur l’étude du même nom représente une des premières œuvres du cycle de cent peintures réalisées par Kane. Il s’agit d’une des huit « images indiennes » que l’artiste expose dans le cadre de la Upper Canada Provincial Exhibition de 1852 à Brockville. Un compte rendu tiré de la presse contient un long passage sur Danse de la tige de pipe médicinale, faisant mention des « extraits, que nous avons tirés du journal de M. Kane » dans le but de « clairement expliquer l’image et les superstitions liées à cette cérémonie ». Le passage se lit comme une explication ethnologique détaillée, contrairement au compte rendu plus bref que l’on retrouve dans Promenades d’un artiste. Le fait que dans son journal, Kane ne mentionne pas, ne serait-ce que brièvement, l’invitation à assiter à cet événement sacré, et la description ethnologique détaillée contenue dans l’article susmentionné, suggèrent que Danse de la tige de pipe médicinale (tant l’étude que le tableau à l’huile) sont peut-être davantage basés sur des descriptions que Kane aurait lues que sur ses propres expériences.

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