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Bœufs au printemps [deux bœufs avec jougs] vers les années 1960

Bœufs au printemps [Deux bœufs avec joug]), vers les années 1960

Maud Lewis, Oxen in Spring [Two Oxen with Yoke] (Bœufs au printemps [Deux bœufs avec joug]), vers les années 1960
Huile sur carton-pâte, 30,2 x 35,5 cm
Collection privée, Nouvelle-Écosse

Traditionnellement nommés « Lion » et « Bright », les attelages de bœufs étaient un spectacle familier de la Nouvelle-Écosse rurale tout au long de la vie de Maud Lewis et, à titre de fille d’un fabricant de harnais, elle devait bien connaître le harnais décoratif populaire à l’époque. L’artiste a peint les bœufs en toutes saisons, souvent en plein travail alors qu’ils tirent des chariots, des traîneaux et des charrues, mais la composition de Bœufs au printemps en est une qu’elle revisite régulièrement. Ses sujets, placés comme s’ils posaient pour un portrait, montrent le type de joug typique à la Nouvelle-Écosse, positionné juste derrière les cornes des bœufs.

 

Prix du joug de bœufs, Halifax, Nouvelle-Écosse, vers les années 1950.

Jusqu’au début des années 1960, dans certaines régions rurales de la Nouvelle-Écosse, les fermiers utilisent encore des bœufs pour labourer leurs champs. Des images représentant des attelages de bœufs au printemps au milieu de pommiers en fleurs sont très populaires dans les arts graphiques de la province et figurent souvent sur les calendriers et les cartes postales. En présentant les bœufs de manière frontale et avec de longs cils, Lewis aborde le sujet en l’interprétant à sa manière. Le duo est représenté au printemps, avec des tulipes (autre thème caractéristique de Lewis) et des pommiers en fleurs. La composition peu profonde, les tulipes placées en avant-plan et les bœufs tout juste derrière, bordés d’arbres en fleurs, donnent l’illusion d’un cadre floral entourant les figures centrales, ce qui est courant chez Lewis.

 

Dans une récente exposition de l’œuvre de Lewis organisée par la Collection McMichael d’art canadien, huit versions de cette composition ont été exposées, présentant les bœufs au printemps, en été, à l’automne et en hiver. D’une image à l’autre, les animaux eux-mêmes ne changent que très peu, tandis que les différences se retrouvent surtout dans les arbres et les fleurs qui les entourent : les pommiers en fleurs au printemps, les couleurs vives en automne, les branches dénudées et la neige en hiver, ainsi de suite. Dans les dernières années de sa vie, pour dessiner les bœufs avant de les peindre, Maud utilise un pochoir qu’Everett coupe dans du carton. Elle s’assure ainsi que les figures centrales soient presque identiques d’une œuvre à l’autre.

 

Comme dans sa représentation des chats noirs, la prédilection de l’artiste pour ce format compositionnel frontal et en aplat dans sa peinture des bœufs en fait une image emblématique qui devient l’une de ses scènes les plus populaires. En 2020, Postes Canada a émis un timbre où figure une version hivernale de cette œuvre.