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L’orage 1920

L’orage, 1920

Walter S. Allward, The Storm (L’orage) [vue de devant et de derrière], 1920
Bronze, 33,9 x 21,5 x 38,9 cm
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

L’orage, 1920

Rare exemple d’un bronze de petit format dans l’œuvre d’Allward, L’orage représente une femme penchée vers l’avant, le visage à demi caché par son bras levé et le capuchon de sa pèlerine. Dans sa carrière, l’artiste torontois sculpte de nombreuses figures féminines allégoriques pour ses grands monuments publics, telle la statue de la Paix pour le Monument à la rébellion du Nord-Ouest, 1894-1896, ou encore celle personnifiant le Canada, élément central du Monument commémoratif de la guerre d’Afrique du Sud, 1904-1911, mais cette petite pièce modeste et expressive reste unique. Elle est créée pour répondre à l’un des critères de l’Académie royale des arts du Canada (ARC) en vertu duquel chaque membre nouvellement élu doit faire don à l’institution d’une œuvre reconnue comme son morceau de réception. Cette pratique s’avère importante pour le patrimoine artistique des académiciens puisque les œuvres ainsi réunies forment le noyau permanent de la collection artistique nationale.

 

Elizabeth Wyn Wood, Northern Island (Île du Nord), 1927, étain coulé sur base de verre noir, 22,5 x 37,7 x 20,8 cm [avec la base], Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Malgré sa fonction particulière, L’orage rappelle la forme d’autres sculptures réalisées par Allward à la même époque. En effet, la pose ressemble à celle de figures apparaissant dans des œuvres telles que l’ébauche The Service of Our Women–Healing Scars of War (Le service de nos femmes – Guérir les cicatrices de la guerre), 1918, élaborée pour le projet du Monument aux morts de la Banque de Commerce, où une femme gravit une pente rocheuse parsemée de débris de guerre et répand des graines qui, avec le temps, couvriront les cicatrices du désastre. Le traitement expressif de L’orage évoque aussi plusieurs petites sculptures en plâtre, notamment Dream Time (Temps des rêves), v.1920-1940, et The Reaper (La Mort), v.1921, qu’Allward produit en guise d’études pour des monuments. Dans le contexte plus général de la sculpture canadienne, la qualité abstraite de L’orage laisse présager des œuvres telles que Northern Island (Île du Nord), 1927, d’Elizabeth Wyn Wood (1903-1966), membre fondatrice de la Société des sculpteurs du Canada.

 

Allward a connu une longue collaboration avec l’ARC. Élu membre associé en avril 1903, il démissionne en novembre 1910 pour protester contre la règle qui oblige les membres à contribuer régulièrement aux expositions de l’institution, une condition particulièrement exigeante pour les sculpteurs étant donné le temps et les frais liés à la création d’une œuvre. Allward réintègre l’ARC en 1912, quand l’organisation permet aux sculpteurs de soumettre une photographie d’une œuvre importante à la place d’une statue ou d’un modèle. Il achève L’orage en 1920 et l’envoie au Musée des beaux-arts du Canada au début de l’année suivante. Il crée un deuxième moulage pour sir Edmund Walker (1848-1924) qui, en 1924, prête la sculpture à la British Empire Exhibition tenue à Wembley, en Angleterre, où elle est exposée parmi d’autres grandes œuvres d’art canadiennes.

 

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