L’artiste anishinabé Norval Morrisseau (1931-2007) est considéré comme le Mishomis, ou le grand-père, de l’art autochtone contemporain au Canada. Fondateur de l’école de Woodland et membre du Groupe indien des Sept, Morrisseau est célébré pour ses couleurs vives, ses représentations de récits traditionnels et de thèmes spirituels, de même que pour la portée politique de son œuvre. Reconnu comme « la figure centrale du mouvement artistique autochtone au Canada » par le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Morrisseau aura raison des préjugés et des stéréotypes sociétaux qui prévalent dans les années 1960.

 

« Lorsque Norval Morrisseau fait son entrée sur la scène artistique canadienne, en 1962, il est une figure hors du commun. En cette époque où l’assimilation forcée tient lieu de politique nationale et où les Premières Nations jouissent depuis peu du droit de vote aux élections fédérales, rares sont les peuples autochtones qui créent un art considéré comme contemporain dans le cadre strict des milieux culturels dominants. »Carmen Robertson

 

Norval Morrisseau. Sa vie et son œuvre nous révèle un artiste qui évolue en dehors des paramètres de la culture visuelle européenne, résistant aux catégorisations et nous obligeant à repenser les perceptions conventionnelles de l’art autochtone. Bien que, de son vivant, les médias le jugent sévèrement en raison de ses croyances traditionnelles et de son alcoolisme, Morrisseau sensibilise le public à l’existence d’une esthétique et des récits culturels autochtones, inspirant un nouveau mouvement artistique au Canada. À une époque où la plupart des artistes canadiens adoptent le langage moderniste de l’abstraction, Morrisseau rejette ces tendances au profit d’une esthétique qui puise directement aux sources anishinabées. Carmen Robertson célèbre le travail d’un artiste qui, confronté à une forte discrimination, n’en parvient pas moins à créer un style aussi personnel qu’influent.

 

Dre Carmen Robertson enseigne l’histoire de l’art à l’Université de Regina. Chercheure d’origine autochtone, son travail porte sur l’art autochtone contemporain et les façons dont la culture populaire définit l’indigénéité. En plus de Norval Morrisseau. Sa vie et son œuvre, elle compte parmi ses ouvrages récents Mythologizing Norval Morrisseau: Art and the Colonial Narrative in the Canadian Media (University of Manitoba Press, 2016). Elle a également contribué à la rédaction de Seeing Red: A History of Natives in Canada’s Newspapers (University of Manitoba Press, 2011).

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