À l’adolescence, Yves Gaucher (1934-2000) est renvoyé du collège pour avoir copié une image « impure ». Moins de vingt ans plus tard, il deviendra l’un des plus grands abstractionnistes canadiens de la seconde moitié du vingtième siècle. Aspirant d’abord à devenir jazzman et annonceur à la radio, il ne s’intéresse profondément à l’art qu’après avoir rendu visite à Arthur Lismer, membre fondateur du Groupe des Sept. Professeur intransigeant, ce dernier inspirera Gaucher à se consacrer sérieusement à l’art. À partir de ce moment, il développera son style abstrait avec une rigueur impitoyable.

 

« L’intuition bien exercée de Gaucher détermine les détails finement harmonisés des longueurs, des tons et des dispositions relatives des lignes. Malgré leurs moyens limités, ces tableaux suscitent une gamme d’émotions étonnante. »Roald Nasgaard

 

Yves Gaucher. Sa vie et son œuvre nous montre comment cet artiste hors du commun apporte une foule d’innovations à la technique de la gravure, se méritant de nombreux prix internationaux. La découverte de l’œuvre musical d’Anton Webern l’inspire à chercher des équivalents visuels aux partitions du compositeur : des éléments de notation pure — lignes, carrés, traits — qu’il qualifie de « signaux ». Les estampes qui en résultent seront capitales dans sa transformation en peintre post-plasticien. Roald Nasgaard retrace l’évolution de ce mouvement, qui fera de Montréal le centre d’une production picturale plus anonyme, hard-edge et colour-field.

 

Les images ordonnées, géométriques et plates d’Yves Gaucher constituent un langage visuel d’une grande pureté. Jamais statique, un tableau de Gaucher propose une série récurrente de mouvements rythmiques qui offrent au spectateur une expérience sensorielle dynamique.

 

Roald Nasgaard est co-commissaire de l’exposition Mystical Landscape from Van Gogh to Emily Carr, présentée au Musée des beaux-arts de l’Ontario, à Toronto en octobre 2016, puis au Musée d’Orsay, à Paris, en mars 2017. Il assure également le commissariat de Higher States: Lawren Harris and His American Contemporaries, présentée à la Collection McMichael d’art canadien en février 2017, puis au Glenbow Museum de Calgary et à la Americas Society, à New York.

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