Parmi tout l’œuvre de Jack Chambers (1931-1978), aucun autre tableau ne rend mieux son réalisme perceptuel – expression qu’il invente dans un essai de 1969, intitulé Perceptual Realism, pour décrire ses aspirations et ses méthodes – que La 401 vers London nº 1. La genèse de cette image est légendaire : Chambers roule vers l’est sur l’autoroute 401 depuis London. Dans son rétroviseur, il voit le vaste paysage à l’harmonie parfaite qu’il a su rendre ici. C’est pour lui une épiphanie, un moment d’illumination qui l’incite à se remettre à la peinture, délaissée depuis un bon moment parce qu’il est insatisfait de sa pratique. Plus tard, il photographiera cette scène et transférera l’image sur un vaste panneau.
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Huile sur bois, 183 x 244 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto
Pour Chambers, l’expression « réalisme perceptuel » décrit ce que l’art devrait être – c’est-à-dire une réflexion approfondie sur l’expérience sensorielle primaire et non sa simple reproduction. Comme pour montrer qu’il ne copie pas tout simplement ce que peuvent voir l’œil et l’objectif, Chambers modifie plusieurs détails durant la longue création de l’œuvre, notamment la signalisation de l’autoroute. La sublime irréalité qui émane de cette peinture est le fruit de la distance qu’il conserve vis-à-vis de la précision mécanique de la photographie.
Cette rubrique en vedette est extraite de Jack Chambers : sa vie et son œuvre par Mark A. Cheetham.
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L’art du corps
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