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Artistes anishinabeg anonymes

Artistes anishinabeg anonymes

Représentations pictographiques d’un site du lac Mazinaw, parc provincial Bon Echo, Cloyne, Ontario, s.d.

Ocre rouge
Parcs Ontario, Peterborough

Au parc provincial Bon Echo, dans l’est de l’Ontario, on peut observer (avec quelques difficultés) une série de pictographes réalisés par un ou une artiste autochtone anonyme. Peints à l’ocre rouge sur de la pierre, ils semblent représenter des animaux, peut-être des créatures de la mythologie anishinabeg. On a émis l’hypothèse que ces œuvres pourraient avoir été réalisées par des chamans, dont les pouvoirs de guérison et de prophétie sont souvent représentés de cette manière. Elles peuvent également avoir servi d’avertissement de droits de territorialité.

 

Ces pictographes sont parmi les plus anciennes œuvres d’art qui subsistent dans la région d’Ottawa et ils représentent une facette du patrimoine culturel anishinabeg. Les peuples anishinabeg possèdent une riche tradition artistique, qui se manifeste par les représentations pétroglyphiques et pictographiques, les ouvrages à l’aiguille, le tissage et la céramique, ainsi que par tout autre moyen d’expression esthétique. Le peu d’objets qui subsistent de la période pré-contact témoignent de leur puissante créativité. L’arrivée des colons européens a considérablement affecté la culture anishinabeg par l’introduction de nouveaux matériaux (tissus, perles, fer, argent) et outils (aiguilles, alènes, couteaux). Malgré cela, persistent les compositions décoratives, les représentations sémiotiques et les motifs issus de la tradition. Comme l’observe la professeure Ruth Phillips, « les arts visuels des Anishinabeg qui habitent la région d’Ottawa-Gatineau depuis plusieurs millénaires parlent de créativité et de continuité, d’innovation et de perte ».

 

De la courbure gracieuse d’un canot en écorce de bouleau à la beauté organique des motifs floraux perlés sur les mocassins, les vestes et autres vêtements, la créativité des Anishinabeg est incontestable. La fabrication de vêtements et d’outils domestiques dans la culture autochtone est égayée par nombre d’artistes anonymes, qui brodent des vestes, des mitaines et des chaussures avec des piquants de porc-épic (et plus tard des perles) et représentent des motifs aux formes organiques et géométriques. Ces traditions se perpétuent au vingtième siècle dans les œuvres d’artistes telles que Catherine Makateinini (Michel) (1871-1916) de Kitigan Zibi et Sarah Lavalley (1895-1991) de Pikwàkanagàn. Les contenants en écorce de bouleau utilisés dans la vie quotidienne sont incisés de motifs naturalistes similaires à l’aide d’outils de coupe ou de motifs mordillés sur écorce. William Commanda (1913-2011), de Kitigan Zibi, et Matthew Bernard (1876-1972), de Pikwàkanagàn, perpétuent les constructions autochtones traditionnelles. Les artistes autochtones travaillent également le métal pour créer des brassards et autres accessoires, autant au cours de la période pré-contact que celle qui suit.

 

Ces dernières années, les artistes continuent d’investir ces traditions par le biais de nouvelles formes d’art. Ron Noganosh (1949-2017) (Ojibwe) et Barry Ace (né en 1958) (Odawa) en sont de puissants exemples. Ces œuvres représentent le désir inhérent à toute société de créer de beaux objets et d’incarner des idées par des moyens novateurs.

 

 

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