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Eliza Griffiths

Eliza Griffiths

Eliza Griffiths, Penthouse Suite (Suite Penthouse), 1996
Huile sur toile, 172,7 x 172,7 cm

Dans un article du Canadian Art de 2002, le critique d’art torontois R. M. Vaughan se penche sur les œuvres d’Eliza Griffiths (née en 1965), qualifiant Ottawa de « ville de bouillie de céréales froides » et de « capitale mondiale du politiquement correct ». Il s’étonne que Griffiths arrive à y produire les œuvres chargées et profondément sensuelles qui font sa renommée, comme Suite Penthouse, une toile ambiguë qui dépeint deux jeunes femmes feuilletant les pages centrales du magazine masculin Penthouse. Sont-elles attirées par les images elles-mêmes, demande-t-il, ou essaient-elles de comprendre la nature de la sexualité masculine? En réponse aux commentaires désobligeants de Vaughan sur sa ville, Griffiths rétorque : « Ottawa me donne l’espace nécessaire pour travailler, en plus d’être proche de plus grands espaces. Je vais chercher ma stimulation en rafales, puis je reviens et je mûris. »

 

Eliza Griffiths, Incitement [Kirk Douglas Pose] (Incitation [Pose de Kirk Douglas]), 2003, huile sur toile, 229,2 x 203,5 cm, Galerie d’art d’Ottawa.
Eliza Griffiths, Levitation (Lévitation), 2016, huile sur toile, 172,7 x 147,3 cm.

Née au Royaume-Uni, Griffiths s’établit à Ottawa avec sa famille, en 1972. Après avoir obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia à Montréal, en 1992, elle revient à Ottawa pour étudier l’histoire de l’art à l’Université Carleton, tout en poursuivant sa pratique créative. Elle s’implique sur la scène artistique locale, avec son partenaire et collègue artiste Reuel Dechene (1965-2017). Elle collabore également avec Enriched Bread Artists (EBA), la plus grande et l’une des premières coopératives d’ateliers à Ottawa.

 

Griffiths note qu’en « réalisant des projets collectifs ambitieux, frondeurs et passionnants, la scène artistique d’Ottawa crée une énergie [inspirante]. La Galerie 101 était un carrefour important de cette communauté, de même qu’EBA, la Galerie SAW et des galeries autogérées comme Creative Outlet et Artengine ». Elle se forge une carrière en abordant les thèmes de la dynamique psychologique et du pouvoir dans les relations, explorant la nature de la posture corporelle et de l’intimité dans des œuvres à grande échelle, qui donnent souvent l’impression d’une action interrompue, comme celle de Levitation (Lévitation), 2016, par exemple. La conservatrice Catherine Sinclair observe que, dans Incitement [Kirk Douglas Pose] (Incitation [Pose de Kirk Douglas]), 2003, Griffiths « positionne les personnages de ses peintures figuratives comme s’ils étaient au milieu d’un récit, dans un moment passionné saisi par un arrêt sur image ».

 

En 2005, Griffiths déménage à Montréal pour enseigner à l’Université Concordia, mais elle maintient son lien avec Ottawa. À la suite du décès de son conjoint, elle organise une exposition commémorative des œuvres de ce dernier à la Galerie 101, en décembre 2018.

 

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